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1 October 2025

Par Enya Echeng, Hanna Tadesse et Bwambale Asiimwe Micheal

En Afrique, les discussions sur la justice transitionnelle (JT) et les réparations sont souvent rétrospectives. Elles portent sur la nécessité de répondre aux atrocités commises, de guérir les blessures anciennes et d’indemniser les victimes de graves violations des droits humains. Bien que ces dimensions soient essentielles, une omission majeure demeure : l’inclusion réelle et significative de la jeunesse africaine. Cette absence ne constitue pas seulement un manquement moral ; elle représente également une faille structurelle qui fragilise la légitimité et l’efficacité des processus de réparation.

Dans cette nouvelle note politique intitulée « Pas de justice sans nous : pourquoi l’inclusion des jeunes compte dans les mécanismes de réparation », nous montrons comment les réparations sur le continent doivent évoluer. Les réparations ne devraient pas être perçues comme de simples compensations ponctuelles, mais comme des processus transformateurs capables de remodeler les sociétés. Pour une jeunesse qui représente plus de 60 % de la population africaine, les réparations doivent aussi signifier construire l’avenir, et pas seulement réparer le passé.  

Lire la note ici.

Dans les groupes de discussion organisés dans plusieurs régions d’Afrique, les jeunes ont exprimé à maintes reprises leur frustration face à leur exclusion des débats sur les réparations. Ils ont rapporté être considérés, au mieux, comme de simples « bénéficiaires », plutôt que comme des acteurs dotés de capacités, d’idées et de droits. Ils nous ont rappelé que les réparations doivent être tournées vers l’avenir et répondre aux préjudices structurels et intergénérationnels : de la dépossession foncière aux déficits éducatifs, en passant par l’injustice climatique et les inégalités systémiques.

« Nous portons des blessures qui ne viennent pas de notre époque, mais elles déterminent la vie que nous menons. Les réparations doivent nous considérer comme des personnes qui héritent à la fois du tort subi et du droit à réparer. » – Participant à un groupe de discussion

La Politique de Justice transitionnelle de l’Union africaine (PJTUA) offre une base solide. Elle reconnaît les réparations comme un pilier de la justice transitionnelle et souligne qu’elles doivent restaurer la dignité, rétablir la confiance et remédier aux injustices socio-économiques. Toutefois, la pratique reste en retard par rapport au principe. Les processus nationaux se concentrent souvent de manière étroite sur l’indemnisation financière, tout en négligeant le soutien psychosocial, la reconnaissance culturelle et des mesures spécifiques aux jeunes, telles que les bourses d’études, les programmes de moyens de subsistance ou encore les projets d’adaptation climatique

Ceci est important car les jeunes ne sont pas seulement les héritiers d’un passé non résolu, mais aussi les bâtisseurs de demain. Les réparations qui ignorent leurs besoins risquent de perpétuer les cycles d’injustice. À l’inverse, des réparations qui intègrent leurs perspectives peuvent ouvrir de nouvelles possibilités : projets de mémorialisation qui résonnent avec les jeunes, initiatives éducatives préparant à l’exercice du leadership, programmes communautaires favorisant le dialogue intergénérationnel.

Nos recommandations

Notre note invite l’Union africaine, les gouvernements nationaux et les partenaires au développement à agir de manière décisive. Les jeunes doivent être intégrés dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des réparations. Les organisations de survivants et de jeunes doivent bénéficier de ressources et d’un espace politique leur permettant d’influencer la prise de décision.  Les programmes de réparations doivent élargir leur portée au-delà des simples indemnisations transactionnelles pour inclure des mesures transformatrices qui s’attaquent aux injustices structurelles, y compris celles qui trouvent leur origine dans les abus coloniaux

« L’inclusion des jeunes doit être intentionnelle… Quoi qu’il advienne après ce processus de justice transitionnelle, qui en héritera ? Ce sont les jeunes. » – Jeune participant à un groupe de discussion en Gambie

Le message est clair : il ne peut y avoir de justice sans nous. Les jeunes Africains ne sont pas des bénéficiaires passifs des réparations, mais les architectes actifs de la réconciliation et de la reconstruction sociale. En plaçant l’inclusion des jeunes au centre, les réparations cessent d’être un exercice rétrospectif pour devenir un investissement prospectif dans un continent juste, pacifique et résilient.

As Africa continues to lead the way in innovative TJ, let us remember that reparations are not just about repairing yesterday’s harm. They are about reimagining tomorrow and a more just future that belongs to the youth.

Alors que l’Afrique continue de montrer la voie en matière de justice transitionnelle innovante, rappelons-nous que les réparations ne consistent pas uniquement à réparer les torts d’hier. Elles consistent aussi à réinventer l’avenir et à bâtir un futur plus juste qui appartient à la jeunesse.

Cette note politique est la première d’une série de cinq publications menées par des jeunes, intitulée « Héritage », qui explore les liens entre les injustices historiques, leurs répercussions persistantes dans différents contextes africains et l’insuffisance des efforts pour remédier à ces atrocités. Pour en savoir plus.

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